Journal de confinement : Ouzbékistan et Sénégal

Plus de 3 milliards de personnes sont aujourd’hui confinées sur la planète, nous avons décidé de créer un Journal de Confinement de nos guides à travers le monde. Chaque semaine, retrouvez plusieurs interviews de nos guides confinés, une bonne manière de prendre le pouls de la situation à travers le monde.

Après les témoignages de Véronique au Brésil et Srijan au Népal, on se retrouve ici pour le3ème épisode du Journal de Confinement de SoGuide avec Odil, l’un de nos guides culturels en Ouzbékistan qui nous raconte la situation dans son pays.

Bonjour Odil, comment allez-vous ?

Ça va bien! Ici en Ouzbékistan nous sommes confinés depuis le 22 Mars donc je reste à la maison avec ma femme et mes deux enfants de 5 et 8 ans à qui j’apprends le Français. Ils parlent déjà Tadjik, Ouzbek, un peu Russe, ils apprennent l’anglais à l’école et moi je leur apprends le Français, je veux qu’ils soient polyglottes! Du coup ce confinement me permet de passer plus de temps avec eux, c’est agréable!

Heureusement, en plus d’être guide local je suis aussi professeur de Français à l’Université de Boukhara. Je suis bien content d’avoir cette deuxième activité pour continuer à travailler et gagner de l’argent car le tourisme est à l’arrêt total.

Journal de confinement Odil soguide ouzbekistan

Quelle est la situation aujourd’hui en Ouzbékistan ?

Aujourd’hui (mardi 7 avril), le pays compte près de 500 cas pour seulement 2 morts, la plupart des cas sont à Tashkent la capitale, nous nous vivons à Boukhara au centre du pays qui est une des villes culturelles du pays avec Samarcande. C’est une ancienne étape de la route de la soie et un mélange entre Occident et Orient. Aujourd’hui les rues sont vides et les monuments déserts, tout le monde respectent le confinement pour endiguer le virus. Malgré tout, les chiffres augmentent très vite, le nombre de cas a doublé en 3 jours donc le plus dur reste à venir pour notre pays. Cependant, je ne pense pas que nous serons aussi touchés que les pays européens car plus de 2 ouzbeks sur 3 ont moins de 35 ans.

Comment est vécu le confinement ?

Les autorités ont fermé les frontières le 15 Mars, limité les déplacements entre villes et le 22 elles ont demandé le confinement total au moins jusqu’au 20 avril.

Dans nos traditions, il y a peu de personnes isolées, les personnes âgées vivant souvent chez leurs enfants. Du coup je pense qu’il y a moins de personnes pour qui le confinement est difficile. Il y a aussi une bonne entraide qui se met en place avec des jeunes étudiants qui se portent volontaires pour aider les personnes âgées à faire leurs courses ou ce genre de choses. En Ouzbékistan il y a un vrai respect des ainées, on a l’habitude de dire que “l’âge c’est la sagesse”. Et l’Etat essaye de soutenir les entreprises en supprimant les taxes pendant le temps du confinement donc tout le monde fait des efforts.

Et pour votre activité de guide ?

Je suis triste pour mon pays car le tourisme en Ouzbékistan explose depuis quelques années (c’est l’une des meilleures destinations à faire en 2020 et même l’un des 5 pays les plus sûrs du monde derrière les pays scandinaves) donc cette crise est un gros coup d’arrêt. Tous mes voyages jusqu’à cet été vont surement être annulés mais j’espère que la grande saison pour nous en Septembre Octobre sera maintenue car j’ai hâte de pouvoir faire à nouveau découvrir notre belle culture aux voyageurs SoGuide!


Voici le 4ème épisode du Journal de Confinement de SoGuide avec Madia, l’un de nos guides culturels au Sénégal qui nous raconte la situation dans son pays.

Bonjour Madia, comment allez-vous ?

Ça va bien! Je reste confiné chez moi à M’Bour avec ma femme, on ne sort que pour faire quelques courses. Comme tout le monde ce n’est pas facile et sans travail on n’a pas de rentrée d’argent donc j’espère que ça ne va pas durer trop longtemps mais je suis optimiste car j’ai le sentiment que les autorités ont les choses sous contrôle.

Quelle est la situation aujourd’hui au Sénégal ?

Aujourd’hui (jeudi 9 Avril) il y a environ 250 cas, 2 décès et déjà de nombreuses personnes guéries. Le confinement est partiel, c’est-à-dire que les gens ont quand même le droit de faire leurs courses même si les marchés sont fermés la moitié du temps. Il y a aussi un couvre-feu à 20h tous les soirs, les rassemblements religieux sont annulés. Même les 60 ans de l’indépendance n’ont pas été célébrés. Il y a de grandes campagnes de sensibilisation pour que les gens restent chez eux, pour que les gestes barrières soient bien fait. Un numéro est mis en place pour les personnes avec des symptômes. C’est plutôt bien fait mais on espère que ça ne va pas empirer car nous n’aurons pas les ressources médicales suffisantes pour soigner tout le monde.

Comment est vécu le confinement ?

Le confinement doit durer au moins jusqu’au 4 mai donc c’est vraiment long et c’est vraiment dur pour la population. Le gouvernement est en train d’annoncer des mesures économiques pour aider la population. Les autorités via les maires et les chefs de villages va pouvoir apporter les denrées de première nécessité, va payer les facture d’eau et électricité. Des choses sont faites pour aider les plus démunis donc c’est bien. Toutes les forces vives du pays sont mobilisés pour éradiquer ce virus.

Et pour votre activité de guide ?

Ce confinement me permet de travailler sur mes circuits et communiquer avec mes anciens voyageurs. Mais c’est très très compliqué, mon dernier voyage remonte à début Mars et là tous mes voyages jusqu’à Juin sont annulés. Ça va être dur de tenir sans rentrée d’argent donc on espère que ça ne va pas durer trop longtemps. Mais bon nous sommes dépendants des voyageurs des pays européens et il va falloir du temps avant qu’ils retrouvent la joie de vivre et l’envie de voyager et découvrir une autre culture. Donc je dis (il parle en chantant) à tout le monde et notamment à SoGuide “Reste chez toi, hein! Reste chez toi, on a besoin de toi!“

Arthur Dupont
Écrit par Arthur Dupont 9 avril 2020
Partager cet article
Large Spinner